Miraculeuse

 

Je serais miracle

Je voudrais juste… juste arrêter le temps et les jours, te prendre dans mes bras et te protéger.

Juste… juste rien.

Que tu n’aies ni peur ni mal ni froid ni chaud ni soif.

Je voudrais être Grand Manitou toute puissante et faire des miracles.

Si Lui n’entend pas, ou si ça L’amuse de nous faire pleurer, je serais moi, comme une maman de nouveau-né, je te porterais tout le temps et te caresserais la tête. Je mordrais tous ceux qui oseraient nous approcher et je lui passerais ma rage.

On irait à la plage, là où il y a juste assez de soleil et assez d’ombre, et on ferait des châteaux, ceux qu’on n’a jamais faits. Et puis on mangerait une glace, devant la mer. Parce que tu serais un nouveau-né miraculeux aussi, de ceux qui parlent et puis qui aiment le chocolat.

Le matin on pourrait faire des câlins dans mon lit, on laisserait tout le monde participer, même les araignées.

Et moi je ferais un rempart avec les couvertures, les coussins, mon corps. Et Il ne pourrait plus nous faire si mal. Et je te dirais tout ce que je t’aime, et tu le saurais, tu le sentirais dans tout ton être. Et je serais magique, et tu n’aurais ni peur – ni mal – ni froid – ni chaud – ni soif.

Tu serais juste tout petit, dans mes bras.

Et moi je serais plus forte que tout, plus forte que Lui et on gagnerait la partie, la bataille, tout.

Et Lui on Lui parlerait plus jamais, Il nous fait chier à force.

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#meprendeelolordetuselectrodos

 

#meprendeelolordetuselectrodos

Por lo visto me gusta que me electrocuten.

Ayer estudio con un montón de descargas eléctricas, agujas delgaditas y manos firmes, del doc.

Bueno, manos firmes casi todo el tiempo.

Porque llegando a la última parte del estudio, se me descompuso el doctor.

No lo puso nervioso picarme piernas y brazos, subirle a los amperes de su aparatito para “provocar una buena respuestas”, ni pedirme que me quitara la ropa.

Pero instalar electrodos en mis labios mayores, lo infartó, casi.

Yo iba preparada, mental y físicamente. El bosque que adorna mi vulva había desaparecido bajo la acción desbrozadora de las tijeras del baño y mi mente iba llena de imágenes de lagos y praderas apacibles.

De hecho, había yo llegado a la conclusión de que me causa más vergüenza que  me vean la panza a que vean mi conchita hermosa.

A ésa ya la han visto tantos, entre cirugías, hospitalizaciones, señora la vamos a bañar, señora le voy a tocar sus partes, la infiltración de hace unos años, más las visitas ginecológicas, de a una al año desde hace como 30, que la verdad, no me causa ningún empacho quitarme los calzones.

Tons, ahí estábamos, el mareado, muy atento, coto reservado ¿verdad?, el doc, yo y los electrodos.

Claro que me tuve que quitar la pantaleta, escogida porque combina con el brasier que llevaba, que nadie vio, porque nadie me electrocutó los senos.

El doc no supo si salir del consultorio, verme a los ojos o qué. Tengo que precisar que se ve joven el hombre, muy sapiente, pero joven. Y se ruborizó cuando, ya que logré quitarme dicha prenda, se la lancé al mareado, así, a través del cuartito en el que estábamos. El mareado, impasible, la dobló, y la metió a la bolsa de su pantalón. Total, ni que fuera la primera vez que le aviento calzones ¿no? Bueno, admito que en público no había pasado.

Y empezó el baile de las manos temblorosas. Yo tranquila, repito, mi vulva es ya dominio público en hospitales y consultorios y el lago y praderas de mi mente estaban a todo lo que daban. Y que los cochinos electrodos no agarran, que las descargas eléctricas que me propinaban no eran adecuadas, que los voy a mover Señora Guénaëlle, que lo siento, dígame si siente algo… Y yo muy docta: un poco más fuerte, más a la derecha, eso, sí, perfecto.

Terminado el estudio, el doc agarró los cables, jaló, me despegó los electrodos que claro, ya se habían adherido perfectamente, y los aventó al bote de la basura…

Obvio que se los pedí, onda algo voy a hacer algo con ellos doctor, nunca me habían tocado de esos, sí, deveras, un dibujo, o un cuadro.

El pobre hombre pasó por todos los colores, se electrocutó mentalmente imagino Y NO me los dio. No pudo. Digo si no se había repuesto de la tocada, ¿cómo resolverse a hurgar en un basurero?

Hoy es hoy. Ya no hay descargas. Pero mis electrodos aquí están.

Los sacó el mareado de su bote, los envolvió con papel absorbente, sacó mi calzón de su bolsa trasera y ahí los metió. Todavía me preguntó si también quería la aguja.

Y voy a poder artistear con ellos.

¿A ver si eso no es cooperación absoluta…?

 

Nota: el titulo no es mío, pero me encantó, gracias Ana María!

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#lodeurdeteselectrodesmallume

#lodeurdeteselectrodesmallume

 

On dirait que je prends goût aux électrocutions.

Hier examen avec plein de décharges électriques, aiguilles toutes fines et main fermes, celles du toubib.

Bon, mais fermes presque jusqu’au bout.

Parce qu’à la fin de l’examen, le toubib s’est décomposé.

Me piquer bras et jambes ne lui a pas fait peur, augmenter les ampères de son petit appareil pour « avoir une meilleure réponse » non plus, ni même me demander de me déshabiller.

Mais installer des électrodes sur mes grandes lèvres, ça lui a presque causé un infarctus.

Moi j’étais bien préparée, aussi bien mentalement que physiquement. La forêt qui orne ma vulve avait disparu sous l’action de mes ciseaux débroussailleurs et ma tête était pleine d’images de lacs et de champs paisibles.

En fait, j’étais arrivée à la conclusion que j’ai plus honte de montrer mon ventre que ma jolie minette.

Celle, y’en a déjà tant qui l’ont vue, entre chirurgies, hospitalisations, madame je vais vous laver, madame je vais toucher vos parties, l’infiltration d’il y a quelques années, plus les visites gynécologiques, a raison d’une par an depuis plus de 30 ans, que franchement, en lever ma culote ne m’a fait ni chaud ni froid.

Donc, on était tous là, le maritout, vachement attentif, chasse gardée s’pas ?, le toubib, moi et les électrodes.

J’ai dû bien sûr enlever mon slip, choisi le matin because il va avec le soutien-gorge du jour, que personne n’a vu d’ailleurs puisque personne ne m’a électrocuté les seins.

Le toubib ne savait plus s’il devait quitter le cabinet, me regarder dans les yeux ou autre chose. Je dois préciser qu’il a l’air drôlement jeune, très savant oui, mais jeune. Il a rougi quand, une fois que j’ai réussi à retirer le vêtement en question, je l’ai lancé au maritout, comme ça, à travers la pièce. C’est pas la première fois que le lui balance ma culotte, non ? Oui, bon, j’admets que je ne l’avais pas encore fait en public.

Et la danse des mains tremblotantes a commencé. Moi vachement tranquille, je le redis, ma vulve fait partie du domaine public dans les hôpitaux et cabinets de consultation et le lac et les champs de ma tête faisaient leur boulot à fond. Et, bien sûr, les fichus électrodes n’ont pas collé comme il faut, les décharges électriques qu’ils me balançaient n’étaient pas les bonnes, je vais bouger tout ça madame Guénaëlle, je suis désolé, dites-moi si vous sentez quelque chose… Moi hyper sage : un peu plus fort, plus à droite, oui, c’est ça, parfait.

Une fois l’examen terminé, le toubib a attrapé les câbles, il a tiré, et a décollé les électrodes qui, évidemment, avaient fini par se river à ma peau, et les a balancés dans la poubelle.

Bien entendu, je les lui ai demandés, genre je vais faire un truc avec docteur, je n’en ai pas encore dans ma collection, si, si, un dessin, ou un tableau.

Le pauvre homme est passé par toutes les couleurs, il a dû électrocuter mentalement je pense. Et il NE me las a PAS donnés. Il n’a pas pu. C’est vrai aussi, s’il ne s’était pas encore remis de tant de toucheries, comment se résoudre à fouiller la poubelle ?

Aujourd’hui c’est aujourd’hui. Plus de décharges. Mais j’ai mes électrodes.

Le maritout les a récupérés dans la poubelle, les a enveloppés dans du papier absorbant, a sorti ma culotte de sa poche et les y a rangés. Il m’a même demandé si je voulais aussi l’aiguille.

Et je vais pouvoir artister avec.

C’est pas de la coopération absolue ça… ?

 

PS : Le titre n’est pas de moi, mais j’ai adoré, merci Ana María.

 

 

 

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Le serpent

 

 

Le serpent

 

Dans le parc aujourd’hui une femme d’un certain âge pleurait, toute seule.

Habillée comme s’habillent certaines femmes de cet âge certain, elle sentait l’ancienne hippie, celle qui ne sait plus trop quoi faire de ses tatouages et de ses bracelets.

Chaussures rouges à la semelle décollée, socquettes noires à fleurs, leggin noir aussi, un peu court, laissant voir une chair pâle et flasque.

Un drôle de T-shirt couvrait à moitié une ceinture orthopédique, un pull jeté sur le tout fermé par un bouton alors qu’il en avait six.

Parapluie rouge en main, publicitaire sans doute, on voyait de grandes lettres blanches dessus, et sac informe, genre fourre-tout.

Elle marchait lentement, si lentement.

Son parapluie est tombé, elle s’est penchée pour le ramasser, doucement, respirant à petits coups. Un jeune qui passait lui a jeté un regard, indifférent.

Et c’est sûrement pour ça qu’elle pleurait.

L’indifférence fait beaucoup plus mal que la douleur.

Même si c’est idiot à dire, ce n’est pas la douleur qui fait mal, c’est le dos, c’est la nuque, c’est la tête.

La douleur, ce qu’elle fait, c’est isoler.

Et quand on est seul comme ça, on pleure. Et quand on pleure comme ça, on est tout seul. Et c’est le serpent qui se mord la queue, qui a mal, qui est seul et qui pleure.

Alors elle pleurait, bien comme il faut le faire.

Dans un parc.

Seule.

Avec son putain de parapluie.

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La serpiente

 

La serpiente

 

Hoy el parque, una mujer de cierta edad lloraba, sola.

Vestida como se visten ciertas mujeres de esa edad tan cierta, se le notaba que había sido medio hippie, y que ya no sabía ni que hacer con sus tatuajes y sus pulseras.

Zapatos rojos de suela despegada, calcetas negras con flores, mallón negro también, un tanto corto, se le alcanzaba a ver tantito la piel, floja y blancuzca.

Una playera extraña cubría a medias una faja ortopédica, un suéter otrora elegante lo envolvía todo, abotonado una vez, teniendo seis botones en total.

Paraguas rojo en mano, seguro uno publicitario, se le alcanzaban a  ver grandes letras blancas, y un morral viejito, deslavado.

Caminaba lentamente, tan lentamente.

 

Se le cayó el paraguas, se inclinó para recogerlos, cuidadosamente, respirando de a poquitos.

Un chavo que pasaba le echó una mirada, indiferente.

Y seguro por eso lloraba.

La indiferencia duele mucho más que el dolor.

Aunque suene estúpido, el dolor no duele, lo que duele es la espalda, es la nuca, es la cabeza.

Lo que el dolor sí hace, es aislar.

Y cuando está uno así de solo, llora. Y cuando llora uno así, anda uno solo. Y es como la serpiente que se muerde la cola, que sufre, que está sola y que llora.

Y entonces, ella lloraba, así como debe ser.

En un parque.

Sola.

Con su puto paraguas.

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Cuando no logro expresar lo que siento, es en general porque el sentimiento es demasiado agobiante.

Este texto, o reflexión, lo traigo dentro desde hace varios días y no he logrado todavía expresarme de manera clara e inteligible.

Volví a empezar varias veces.

Al principio quería compartir mi enojo, luego me di cuenta de también había algo de envidia en mi corazón. Probablemente haya sido por eso que no encontraba las palabras, andaba yo buscando en donde no había nada.

Aquí en México, un pintor, escultor, decidor de cosas inteligentes y provocadoras acaba de morir. Allá en Francia, una sobreviviente de los campos de exterminación de la segunda guerra mundial, defensora de ciertos derechos de la mujer y decidora también de cosas inteligentes acaba de morir, también.

Para Cuevas vimos en la tele un montón de imágenes de un montón de gente que gritaba no sé qué a la hora del homenaje que se le hizo en Bellas Artes. Y luego un montón de opiniones en Facebook de gentes que no lo conocía, que no conocen a su familia. Siendo el hecho de que hubiera cenizas, las de ese hombre, en medio del ruido, la menor de las preocupaciones de esa bola de gente

Para Veil, un poco diferente, pero un poco igual. Un montón de gente pidiendo que fuera enterrada en el cementerio del Panthéon. Mi voz un poco solitaria diciendo que no nos incumbe, que esta mujer tal vez tenía otros planes, y luego, frente al hecho de que sí la iban a enterrar allá, con su esposo, muerto ya desde hace un tiempo, diciendo que tal vez, él, nunca dio su permiso para que lo anduvieran moviendo de sepulcro en sepulcro.

Pensando también, de paso, en las momias que se exhiben de museo en museo, sin su permiso, al contrario, ¿que no habían preparado su sepultura esas personas para que les durara hasta el fin de los tiempos?

Decía, dentro de mi cabeza, que este circo tal vez tenga un poco que ver con estas ganas que tenemos de conocer a toda esa gente conocida por otros que no somos nosotros, de esta emoción que sentimos por las estrellas, de la canción o de la vida. Que todas nuestras opiniones en las redes sociales tienen por origen este enorme “Yo /Yo / Yo”.

Y entonces al analizar mejor la incapacidad en la que estoy de producir un texto inteligente y coherente y lleno de la sensibilidad que me gusta echar a todos mis tacos, vi que en realidad, detrás de mi enojo, había una enorme envidia, verde claro, por querer estar en su lugar, el de los muertos, no  del gentío. De ser conocida también, y de que, en vida, la gente, los no-conocidos verdad, se apretujen con tal de cruzar mi camino.

 

Qué feo, ¿verdad?

Pero tan cierto.

Entonces como no lograba escribir, dibujé.

Dibujé un poco los celos, ¿qué hace ese hombre frente al ataúd de Veil?, si no hubiera ganado las elecciones, no habría tenido ningún derecho a estar allí. ¿Qué hace también ese gentío detrás de las barreras, rostros anónimos, un poco mirones, un poco rescatados de la Shoah? ¿Qué hace esa cámara que nunca pasa sobre mi rostro, el de una mujer que se quedó en su casa?

Dibujé sobre todo la ironía de la vida, el azar de los momentos importantes, la soledad de la muerte.

La tristeza de los que se quedan, de eso no se habla en las noticias, que por respeto a la familia, cómo no, pasa que las lágrimas de los menos-conocidos no interesan a nadie, se aburren los fisgones.

Y les regalo una frasecita, porque está padre, porque es cierta, porque metidos en nuestras envidias, nuestros celos, se nos olvida la verdad verdadera: esas personas murieron. Y porque desde el principio, sin maquillaje, sin espejo y sin luces deslumbrantes, es la que me horada la mente.

“Tengo en la cabeza y en el corazón, el recuerdo de mi amiga Ale quien, cuando murió su papá, trajo puesta la bata que usaba diario el Güero durante semanas y semanas y semanas.”

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Quand je n’arrive pas à exprimer ce que je sens, c’est en général parce que le sentiment est trop envahissant.

Ce texte, ou cette réflexion, je l’ai en moi depuis plusieurs jours et ne suis pas encore arrivée à l’exprimer de façon claire et compréhensible.

J’ai recommencé plusieurs fois.

Au début voulais partager ma colère, puis je me suis aperçue qu’il y avait aussi une sorte d’envie dans mon cœur. C’est sans doute pour ça que je ne trouvais pas mes mots, je cherchais là où il n’y avait rien.

Ici à Mexico, un peintre, sculpteur, diseur de choses intelligentes et provocateur vient de mourir. Là-bas en France, c’est une rescapée des camps d’extermination de la deuxième guerre mondiale, une défenseuse de certains droits des femmes et une diseuse aussi de choses intelligentes vient de mourir, elle aussi.

Pour Cuevas on a vu à la télé plein d’images de plein de gens qui criaient je ne sais quoi au moment de l’hommage qui lui a été fait à Bellas Artes. Puis plein d’avis sur facebook de gens qui ne le connaissaient pas, qui ne connaissent pas sa famille. Le fait qu’il y ait eu des cendres, celles de cet homme, au milieu du bruit, semblait être le moindre des soucis de tous ces gens.

Pour Veil, un peu différent, mais un peu pareil. Plein de gens qui demandaient à ce qu’elle soit enterrée au Panthéon. Ma voix un peu solitaire disant que ça ne nous regarde pas, que cette femme avait peut-être d’autres intentions, puis, devant le fait qu’elle y serait enterrée, avec son mari, mort depuis un temps, disant que si ça se trouve, lui, il n’a pas donné la permission qu’on le balade comme ça de sépulture en sépulture.

Pensant aux momies que l’on exhibe de musée en musée, sans leur permission, au contraire, n’avaient-ils pas préparé leur tombeau, ces gens-là pour y être abrités jusqu’à la fin des temps ?

Je disais, dans ma tête, que ce cirque relève sans doute un peu de cette envie que nous avons de connaître tous ces gens connus par d’autres que nous, de cet élan que nous avons envers les stars, de la chanson ou de la vie. Que toutes nos opinions sur les réseaux sociaux ont pour source cet énorme « Moi, je / Moi, je ».

Puis analysant mieux le pourquoi de mon incapacité à produire un texte cohérent et intelligent et plein de la sensibilité que j’aime cuisiner à toutes les sauces, j’ai vu qu’en fait, derrière ma colère, il y avait une énorme envie, verte bien sûr, de vouloir être à leur place, celle des morts, pas de la foule. D’être connue aussi, et que, de mon vivant, les gens, les pas-connus hein, se pressent pour se trouver sur mon chemin.

Pas beau hein ?

Mais si vrai.

Alors comme je n’arrivais pas à écrire, j’ai dessiné.

Dessiné un peu la jalousie, que fait cet homme devant le cercueil de Veil ?, s’il n’avait pas gagné les élections, il n’aurait pas eu le droit d’être là. Que fait aussi cette foule derrière toutes les barrières, visages anonymes, un peu voyeurs, un peu rescapés de la Shoah ? Que fait cette caméra qui ne passe jamais sur mon visage, celui d’une femme qui  restée à la maison ?

 

Dessiné surtout l’ironie de la vie, le hasard des moments importants, la solitude de la mort.

La tristesse de ceux qui restent, ça on n’en parle pas aux infos, par respect pour la famille, tu parles, les larmes de moins-connus n’intéressent personne, les curieux s’ennuient.

Et je vous offre une petite phrase, parce qu’elle est sympa, parce qu’elle est vraie, parce que dans nos envies, nos jalousies, nous oublions la vérité vraie : ces gens sont morts. Et parce que depuis le début, sans fard, sans miroir et lumières éblouissantes, c’est celle qui me taraude l’esprit.

« J’ai dans la tête et dans le cœur, le souvenir de mon amie Ale qui, à la mort de son père, a porté la robe de chambre dont il s’enveloppait tous les jours pendant des semaines et des semaines et des semaines. »

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KK

 

KK

J’me baladais l’autre jour dans un hôpital, juste pour visiter, n’ayez pas peur, vachement loin de chez moi, et puis vachement tôt aussi.

Et évidemment, j’ai eu besoin d’aller aux toilettes pour… ça.

Me sentant plus légère, on a fait c’qu’on venait faire, puis on a repris le périf pour rentrer.

Y juste quand on est passé devant l’immeuble de l’hôpital, j’ai eu une pensée pour mon déchet solide, mon p’tit kk.

Et j’ai ressenti sa tristesse de se voir abandonné parmi tant d’autres kk inconnus.

Ici à la maison, tant bien que mal déjà, c’est pas mille kilos qu’on évacue dans la tuyauterie,  mon p’tit kk connaît bien le chemin, y dit bonjour à droite et à gauche. Y reconnaît bien les boulettes de l’un, les longs serpents de l’autre et même le machin verdâtre du bébé d’à côté.

Mais dans cet endroit si démesuré, y’a dû se sentir bien seul.

Il est passé tout près du kk noir du gars qui prend tellement d’antibiotiques que ça l’aide plus. Puis il a eu droit aux petites billes, celles de la fille qui ne boit plus. Et que dire du produit filandreux de la dame qui est ici depuis des mois ?

A moins, il a évité de se retrouver collé au kk sanguinolent du lit 4675, quatrième étage, même s’il n’a pas pu se ranger au moment où déferlait la rivière de ceux du deuxième étage.

Il a bien salué tout ce monde et tout ce monde a bien répondu. Parce que dans des endroits comme cet hôpital, on devient tous plus aimables, et on essaie tous de sourire. Et puis oui, chaque p’tit kk ressemble à son maître et dit bonjour, gracieusement.

Mais il ne cessait de tomber et de courir dans l’eau de ces tuyauteries étrangères.

Et moi je me suis sentie coupable d’abandon kakile…

 

PS : Oui, je pense trop. Mais l’histoire est kakairement vraie.

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KK

 

KK

El otro día andaba muy relejos de mi casa, tempranito, en un hospital, nomás de visita, no se me alarmen.

Y claro, necesité usar el baño para… eso.

Ya sintiéndome más ligerita, vimos lo que habíamos ido ver tan allá, y nos enfilamos al peri para regresar.

Y al pasar al lado del edifico del hospital, pensé en mi residuo solido, mi kkita.

Y sentí su tristeza al verse abandonado entre tanta kk desconocida.

Aquí en la casa, mal que bien, no son kilos los que dejamos en las tuberías, y mi kkita ya se sabe el camino, saluda aquí y allá. Reconoce las bolitas de uno, las largas víboras de otro, y hasta la masa verdosa del bebé de al lado.

Pero en ese lugar tan gigante, se ha de haber sentido muy sola.

Pasó cerca de la kk negra del chavo que ha estado tomando tanto antibiótico que ya no le hacen efecto. Luego le tocó la de pelotitas, de la joven que no logra tomar agua. ¿Y qué decir del filamentoso producto de la señora que lleva meses internada?

Bueno, evitó pegarse a la kk sanguinolenta de la cama 4675 del piso 4, pero no pudo quitarse cuando iba pasando el río de los del piso 2.

A todas saludó, y todas contestaron. Si en lugares como ese hospital, todos nos volvemos más amables, y todos tratamos de sonreír. Y sí, cada kkita se parece a su dueño y saluda, afablemente.

Pero no dejaba de caer y correr por el agua de cañerías extrañas.

Y sí, me sentí culpable de abandono kakil…

 

PD: Ya sé, pienso demasiado. Pero la historia es kakamente real.

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Desorden

 

Desorden

 

Hoy recogí lo que había en mi mesita de noche.

Fuera ligas, diademas, medicinas, plumas, papeles, metro de costurera, vendas, broches, peine…

Dejé lo importante. El reloj despertador que uso por su tic-tac nocturno, la cajita de Talavera y mi peluche preferido.

Y pensé en ti.

En lo que me dijiste que de vez en cuando tu desorden-desmadre te ahoga.

Y luego, pensé más en ti.

En la última vez que te vi.

En tus piernas.

 

¿Cuándo se me antojaron más?

Al verlas en parte bajo tu falda… Ibas caminando entre hierbas y flores susurrantes. Se te marcó tantito la panterilla, así como bien no quiere.

Al verlas desnudas frente a mí… Traté de no mirar, pero su línea ascendente me raptó. Subí sobre ellas hasta tu pantaleta, blanca, un blanco especial, que habla de ropa tendida al sol.

Al verlas en mi sueño… Las toqué con la mirada, suaves, lisas, libres. Y se me estremeció el cuerpo.

Al verlas a cada vez que cierro mi mente al mundo.

 

Desorden-desmadre en mi vientre. Desorden-desmadre en mis sueños. Desorden-desmadre. Desorden-desmadre. Desorden-desmadre.

Tú. Tú. Tú.

Tus piernas…

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