Chaussures toutes neuves

Chaussures toutes neuves

 

J’ai des chaussures neuves.

Neuves parce que pas mises, ça fait bien deux ans qu’elles sont dans mon placard.

C’est pour les z’occasions spéciales.

Et puis celles que tu ne mets pas quand l’occasion spéciale arrive because elles sont neuves et vont te faire mal.

Et alors hier je les ai mises.

Poussée par cette histoire que nous vivons sans cesse et qui raconte que la vie s’arrête n’importe quand, cette enfoirée, et que donc les chaussures ne seront jamais étrennées s’y s’passe quelque chose.

Y voilà quoi.

Elles sont noires, avec un peu de fausse dentelle  et un machin dessus.

Oui, j’ai eu un peu mal au pouce du pied gauche.

Mais sans plus.

Et bien sûr.

Il s’est passé quelque chose.

Juste pour descendre d’un petit trottoir de rien du tout, mon compadre chéri a voulu m’aider, et il m’a prise par le bras. Celui qu’on vient d’opérer et qui vit dans la souffrance souffrante qui fait si mal.

Et j’ai gueulé.

Je l’ai grondé.

Pauvre compadre, je lui en ai balancé des vertes puis de pas mûres.

Et voilà.

Rien de plus.

Mais une demi-heure plus tard, j’ai eu envie de vomir. Because cette douleur, et puis l’autre, celle de la salope de vie.

Y nous étions, of course, dans une voiture, enfermés, sur Reforma, nos Champs Elysées s’à nous, la nuit.

Le maritout a trouvé où s’arrêter, on a repéré des poubelles, because j’estime que c’est pas correct de vomir par terre si c’est à un autre de nettoyer.

Et voilà que c’est le compadre qui sort de la voiture pour m’aider.

Là, j’ai dit non. Ça va pas ? Pour vomir, c’est le maritout qui trinque ou personne.

Et j’ai vomi,un peu. Pas besoin d’expliquer.

C’est juste que quand je vomis moi, je fais pipi. Toujours. Une histoire d’incontinence urinaire bien plus forte que mon incontinence verbale.

Le ruisselet a parcouru ma cuisse, mon genou, en dedans, mon mollet, tous les muscles quoi, ma cheville et s’est logé… dans ma chaussure neuve, deux ans qu’elle a, celle avec la dentelle et le machin dessus.

Et voilà.

Étrennées les putain de connes de chaussures.

 

À la maison, je me suis douchée et j’ai pleuré. Sur la vie. Qui m’emmerde.

 

Foutue vie tout de même, foutue vie…

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s