Taka taka taka

Taka taka taka

 

L’homme se peigne, cheveux et favoris, jette un dernier regard au miroir puis se redresse.

Et le sortilège commence.

Il est habillé en blanc des pieds à la tête, la mode des années 70 est révélée dans toute sa splendeur. La chemise à col évasé et pointu suit chaque courbe de ses épaules, de ses bras, de son torse. Elle descend jusqu’à la taille et se perd dans la boucle de sa ceinture qui, argentée, large, brillante, appelle à regarder plus bas.

Et là, explosion des sens. La vue d’abord : le tissu ajusté, les plis qui s’échappent de l’entrejambe, et la protubérance, la fameuse protubérance, placée comme si ce n’était pas important, sur la gauche.

L’homme caresse ses manchettes, un poignet d’abord, puis l’autre. Mains grandes, fortes.

Et la musique commence, un rythme nouveau, comme de la mitraille. Et lui, il bouge. Il avance.

D’abord son pied gauche, il cherche le rythme, le mesure. Ensuite les jambes, les deux, minces, cintrées dans ce tissu blanc, commencent la danse. Suivent la taille, le torse. De sa main droite, il empoigne un micro, le lève, à hauteur de bouche, de lèvres, de soupir.

Derrière un rideau, une voix se fait entendre, un présentateur l’appelle et son corps répond à l’invitation. Il est chanteur et devant le public, il sourit. La caméra le filme toujours, mais la vue est différente. Une ligne marquée sous le pantalon révèle qu’il porte bien des sous-vêtements et qu’ils sont de taille réduite.

Ça donne envie, bon sang, ça donne envie.

Micro à la main, chanson un peu nouille mais voix chaude, yeux brillants et surtout corps qui suit le rythme, son rythme, mon rythme.

Taka taka taka takata

Taka taka taka takata

Taka taka taka takata, j’entends mon Coeur qui bat

Taka taka taka takata

Taka taka taka takata

Taka taka taka takata, au rythme de ses pas

Tout mon être danse avec lui, se colle à lui, même si je ne sais pas si je suis collée à la boucle de sa ceinture ou au reste. Toute entière, je danse et je ris et je chante et je sens et je ressens. Le micro brille, son regard me cherche et moi je me rends.

Et quand enfin le sexe est là, non, quand enfin nous faisons l’amour, je lui demande dans un dernier taka taka de garder son pantalon.

Erotismo en voces femeninas, 2015

 

 

 

 

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