Merde quoi !

 

CRW_0005 copy 2

 

Merde quoi!

 

Je ne sais pas ce que tu veux. Je ne sais même pas si je dois dire tu ou vous, si tu es un ou plusieurs.

Tu me donnes tout. Je suis enfin là où je voulais être.

Et en même temps, en douce, par derrière, tu me dis non. Encore et encore. Tu cognes. Tu cognes. Tu cognes.

J’ai réappris à marcher deux fois. J’ai réappris à sortir dans la rue. À parler avec les autres. À savoir qui je suis. Ce que je veux, où je vais.

Et là tu t’amuses, tu te dis, tiens celle-là, je ne la lui ai pas encore faite. Puis comme tu vois que je m’en sors, tu m’en balances une autre.

 Tu m’emmerdes à la fin !

Je ne vois plus.

Je ne pense plus.

J’ai même du mal à parler, je ne trouve plus mes mots.

Je marche à longueur de journée et je pleure. Tu me fais pleurer. Je fuis droit devant moi et partout tu me suis. Je cours et j’essaie de comprendre. Que veux -tu à la fin ?

Si je mets tout à plat, si je démonte tout, si je cherche le pourquoi du comment, le sacré, le spirituel, le pas-matériel, le c’est pas toi c’est moi, l’explication qu’aurait donnée papa, je me dis que ce que tu veux c’est que je m’arrête. Que je médite, que je pense, que je réfléchisse. Mais aussi que je fasse, que je donne, que je fonce. Que je peigne, que j’écrive, que je partage. Que je vive. Tu veux que j’utilise ma tête et tu me la bloques. Tu veux que je pense et tu me fais tout oublier. Tu veux que je fasse le vide mais que je sois présente. T’es pas clair, et moi j’en ai marre, je m’y retrouve plus.

Tu m’empêches de comprendre, toi, pas moi. Toi. Tu me lies, tu m’écrases, tu me tortures.

Tu me malmènes comme un bout de voile au milieu de la tempête, sans me lâcher, prisonnière de ton vent, de ta colère.

Et tout à coup, au milieu de mon désert bien particulier, au milieu du vent, de la pluie torrentielle, tu m’envoies un homme qui m’embrasse sur les deux joues, qui a le regard encore plus dans le vague que moi et qui me parle en araméen…en araméen, merde !, et qui me donne la paix, comme ça, au milieu du bruit assourdissant des autres, au milieu des lumières que je ne vois plus. Et il pose sur mes épaules ses mains gercées par le froid, ici en pleine ville de Mexico, elles ont même saigné, il les pose sur mes épaules, et me murmure en araméen, oui zut,: la paix soit avec toi, et il me calme, il calme la tempête, moi qui fonçait vers le pont, il me dit que tout va bien… que je peux pleurer, que  je peux pleurer, que je peux pleurer…

Je n’ai pas rêvé, d’autres l’ont vu, il a même écrit, d’une écriture qui tremble, trois mots sur un bout de papier, qu’il a mis dans ma poche, puis il est parti.

 

Avant de le rencontrer je demandais, je suppliais, j’avais besoin d’aide. Et tu, vous, moi, avez entendu. Mais…

Pourquoi me torturer si tu vas m’envoyer un ange ? À quoi tu joues nom de nom ?

Parce que franchement, c’est bien gentil de m’aider, mais si tu m’emmerdais moins, tu pourrais faire autre chose de ton temps.

Merde quoi, merde quoi…

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s