Chanson pour Cristina

fatigue

 

Chanson pour Cristina

Cette chanson, à chaque fois que je la mets, elle me fait penser à toi.

Et je n’ose pas t’en parler parce qu’elle parle de mort et de disparition. Je ne voudrais pas que tu penses que je te dis qu’il est temps…

Mais…

Mais à chaque fois que je l’écoute, et je la mets tous les jours en plus, je pense à toi.

Elle parle de ce qui vient après la mort, quand la chair disparaît… et même si elle parle d’enfants, de tout petits, je sens qu’elle parle pour toi.

Et dans la voix de Violeta Parra, j’entends ta voix, ne me demande pas pourquoi, je sens qu’elle te va bien. Si ça se trouve tu as la voix de Ofelia Guilmain, mais moi je t’entends parler avec celle de Violeta. Et parfois ça me fait peur.

 

Parce que je sens dans tes mots une immense lassitude et parfois une immense attente pour la nuit éternelle, celle que l’on appelle la mort.

Parce que je comprends ta fatigue et ton attente.

Et aujourd’hui je décide que ça suffit, que je dois te le dire, et que je dois te la mettre. La chanson, te mettre la chanson, pas l’engueulade…

Parce que tu es plus que chair, et plus que souffrance, même si les nuits sont, si longues, aussi éternelles que la mort.  Tu sens peut-être la même chose que moi, tu sais, cette peur qui envahit quand la nuit tombe, la peur du vide. Et  cette haine qui se dresse le matin, cette haine pour l’activité des autres.

Et moi je viens te dire que tu es plus que poésie, toi que l’on encense à longueur de journée pour l’arrangement de tes mots.

Tu es plus que ça, tu es tout.

Tu es ta voix, et ton regard, et tes mains fatiguées, tes jambes fragiles, et ta respiration lente, douloureuse.

Tu es toi.

Tu es plus que chair, belle Cristina, plus que cheveux brillants aussi, plus que lente digestion, plus qu’effort pour marcher, plus que regard pénétrant.

Tu es plus que ces mots recherchés derrière lesquels tu te caches, fragile papillon.

Et plus que ces lignes et ces vers, derrière lesquels tu caches ta force  incommensurable.

 

Tu es toi.

Et même si je comprends ta fatigue, qui n’arrive même plus au dégout, parce que pour être dégouté il faut en avoir l’énergie, je te redis que tu es plus, plus que tout.

Tu es toi.

Vivante.

 

Je vous mets la chanson en question, qui est en espagnol, mais elle est belle.

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