Poison

Cuatito

Il y a quelques jours je discutais avec une amie… Nous parlions, comme à chaque fois que nous sommes ensemble, de la vie et de ses aléas… De la méchanceté, thème récurrent entre nous, question sans réponse possible…

Je défendais l’idée de ce que, sans les êtres humains, la méchanceté n’existerait pas, que les animaux et les plantes en sont la preuve : eux, ils ne font pas mal, comme ça, pour rien…

Elle… elle réfléchissait.

Chez nous nous avons plusieurs animaux. Oui, nous avons. Ils sont à nous, comme le sont mes enfants, nos amours, nos pudeurs. Nous ne sommes pas leurs maîtres, nous sommes plus que ça.

Et nous sommes moins que ça.

 

Hier, l’un d’entre eux a été empoisonné.

Il n’est pas mort encore. Il est comme à l’hôpital, sous médicaments et sérum.

Il souffre.

Quelle meilleure preuve pour mon amie de ce que la méchanceté est humaine ?

Qui d’autre qu’un être humain déciderait, non seulement de tuer pour rien, mais en plus de faire souffrir?

Quand on empoisonne un animal, la mort n’est pas miséricordieuse. Elle met du temps à arriver, elle fait mal.

L’animal, bave, pleure, et s’il le pouvait, s’il en avait encore la force, il se tordrait dans  tous les sens.

La mort met des heures à arriver.

L’être humain peut être extrêmement méchant. Diabolique, pour utiliser le terme exact.

Notre chat s’appelle Eduardo Folange, on l’appelle Cuatito… Il est grand, puissant. Il vit avec nous depuis ses deux mois. Il s’est battu avec tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin, chiens et chats, sans hésiter. Il a eu la patte déchirée une fois, a vécu enfermé dans une cage pendant deux mois, et a survécu.

Et il est ressorti dans la rue, vivant à fond sa vie de félin.

Il est tendre aussi, il aime qu’on le caresse, que nous soyons tête contre tête avec lui, dans une embrassade familière, que nous le poussions quand il prend toute la place sur les coussins. C’est le chef  du gang à la maison, c’est à lui que les autres chats offrent leurs trophées, lézards et oiseaux.

Là, ils sont perdus, l’une d’entre eux, celle aux yeux bleus, a été collée à moi, toute la matinée…

 

Cuatito pleure, parce que quelqu’un, un être humain, l’a empoisonné.

Et en l’empoisonnant, c’est toute ma famille qu’il a empoisonnée.

 

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