La princesse et le crabe

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Les contes de fées ne sont pas histoire ancienne…

En ce moment, juste là, nous en vivons un et personne ne s’en est aperçu.

C’est parce que nous sommes tous là à courir, et que nous n’avons pas le temps de nous arrêter ?

Hier, j’ai ouvert les yeux, ceux de l’âme, ceux du cœur, et j’ai vu, clairement, la princesse, les fées, le méchant dragon et l’effroyable forêt.

Et j’ai vu aussi comment les chevaliers, armés et intrépides, se lançaient à l’attaque.

 

La princesse est menue, toute menue… Elle a de grands yeux, bruns, brillants, une bouche souriante, des dents presque alignées, et son corps semble voler de fleur en fleur…. Légère, elle passe devant nous, dit quelque chose de drôle, se détourne, et poursuit son chemin… On l’appelle Clochette, comme celle de Peter Pan, parce qu’elle aime bien cette histoire, et parce que les noms des princesses de Disney ne sont pas assez bien pour elle….

Elle alors, c’est la princesse. Elle a un papa, une maman, et même une sœur aînée, bien sûr, il faut que Clochette soit la plus jeune pour que ce soit vraiment un conte de fées…

Juste au dehors de chez elle, la terrible forêt commence, avec ses bruits assourdissants, les odeurs nauséabondes qui émanent de monstres à roues. Il n’y a pas d’oiseaux, ils sont morts faute d’oxygène. La lumière ne vient pas du ciel, mais de curieuses lampes à trois couleurs, vert, orange et rouge. Les passants de cette forêt ne sourient pas, ils sont pressés, ils ont peur, et sont fatigués.

Parfois la princesse sort, elle doit le faire, le crabe perfide, maître des lieux, lui a demandé comme quote-part  de se diriger régulièrement vers l’endroit qu’elle refuse de nommer… Elle pourrait s’y refuser, elle pourrait faire un caprice, pleurer, griffer, crier… Mais la princesse est fatiguée et ses parents aussi. Ils savent que la seule façon d’échapper à la surveillance continue de ce maudit crabe est celle-là: se rendre à l’endroit que personne ne veut nommer.

Et quand ils traversent la forêt, en prenant soin d’éviter les meutes motorisées, son papa lui explique la vie, sa maman lui tient la main. La sœur aînée fait ce que font les sœurs aînées : elle fait en sorte que tout soit en place pour le retour, elle fait en sorte que la vie soit le plus normale possible. C’est la sœur aînée, elle s’occupe d’une des parties les plus dures, celle de l’attente.

La princesse est très connue, très aimée… Ces yeux bruns en ont conquis plus d’un… Quand elle a perdu sa chevelure, en tribut au crabe, beaucoup ont offert la leur, mais personne ne lui ressemble, elle a la peau lisse et dorée des princesses, les autres imitent comme ils peuvent, mais ils ne sont que ça : des imitations.

Pleines d’amour, c’est sûr.

 

Son histoire et celle de sa lutte contre le crabe ont franchi les limites de la forêt, les frontières du règne : de lieux lointains, des chevaliers, hommes et femmes, ont surgi, et ils ont dégainé leur épée. L’armée est levée et ils sont prompts à arriver. Prompts à vaincre.

Certains sont très jeunes, comme elle : ce sont les pages, ceux qui offrent une gorgée d’eau, et des paroles de réconfort. D’autres, ont grandi, et ont même offert leur sang pour la princesse, et oui, les grands mages et les fées puissantes l’ont accepté. Comme dans les légendes, ils préparent des potions magiques avec, et le crabe a peur, très peur. De tous côtés, surgissent des fées, elles mènent les chevaliers à la rébellion. Elles sont même arrivées à  l’une des écoles les plus reconnues de mages, et ceux-ci, ceux qui n’ont même pas encore leur diplôme, s’organisent… On a besoin de sang ? Voilà le nôtre!

Des fleurs les plus belles, ont été choisis les pétales les plus longs et les fées les plus jeunes y écrivent, et écrivent, elles demandent, et demandent… Le vent les emporte vers les endroits les plus lointains, les plus reculés…. Et de loin, très loin, les chevaliers ont tous répondu : On a besoin de sang ? Voilà le mien !

La princesse est fatiguée, elle le sait, et ses parents aussi. Mais, les mages, les fées et les chevaliers mènent le combat…

 

Les contes de fées existent, ce n’est pas de l’histoire ancienne…

Et la princesse… Elle n’a pas peur du crabe stupide… Qu’il reste sous son rocher, qu’il se cache, c’est à lui d’avoir peur.

Pourquoi ? Parce que la princesse, sans chevelure, oui, mais aux yeux brillants, est en train gagner.

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