Voleur de dates

Un mois sur deux je dois me rendre à l’évidence… La date que je cherche a disparu.

Un voleur de dates s’est introduit dans ma vie, sur mon calendrier jalousement sillonné de mots, de noms, de gribouillis, et m’a volé une date.

Ce n’est pas celle de ma naissance, même si souvent elle est passée inaperçue, soit par ce que ma famille n’était pas à mes côtés, soit parce que l’un d’eux oubliait, tout simplement. J’ai décidé, il y a quelque temps, de ME fêter mon anniversaire, de M’offrir un beau cadeau, et d’ignorer le reste du monde… qui évidemment, à ce moment-là, s’est souvenu de moi… Il suffit d’ignorer les gens pour que ceux-ci s’aperçoivent du vide soudain, pas vrai ?

Ce n’est pas celle de mon mariage, notre mariage devrais-je dire, ni celle de nos amours, ni encore celle de notre rencontre… Celle-là  a toujours été plus ou moins effacée par la mémoire, ou devrais-je dire encore, le manque de mémoire d’un autre… Et puis, j’ai appris, il y a quelques années, à ME fêter notre anniversaire, à M’offrir un beau cadeau et voilà… Celui que j’ignore ne s’en aperçoit pas toujours, mais il est là, et c’est ce que je cherche.

Ce n’est pas celle du début ou de la fin de l’année. Celle-là je ne l’ai fêtée que quatre fois, il me semble… Le reste du temps, j’ai attendu qu’elle passe, parfois somnolente, parfois carrément endormie… Les fins et débuts d’année civile ne me font ni rêver, ni sourire. Il ne s’agit pour moi que d’une formalité, d’un chiffre différent à mettre sur les chèques, et si, quand même, de la petite joie d’étrenner un calendrier dans la cuisine…

Non, le voleur de dates s’est intéressé à une date toute particulière, et me la rendra au bout d’un an. Au bout de ce temps, après les anniversaires et souvenirs révolus, je compterai en années, plus en mois.

Mon amie, Gloria María Haller y González, est morte un trente et un, du mois d’Août… Alors un mois sur deux, je ne sais pas quel jour penser à sa mort, je ne sais pas me dire… : «  ça fait un mois, ou trois… « 

On m’a piqué ma tristesse à heure fixe, à date connue et reconnue, à convulsions formelles… On me l’a piquée…

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s