Mon frère

Mon frère

Je viens de parler avec mon frère, celui qui part à la guerre.

Nous venons d’échanger quelques mots, des bêtises presque.

Lui dans un français lamentable, moi dans un anglais hésitant… Ce serait presque comique s’il n’y avait tellement de non-dits derrière ce mur imposé par la vie.

C’est mon frère. Mon frère.

Et je me dis, en raccrochant, qu’il est peut-être trop tard : comment être la sœur d’un homme si je n’ai jamais été celle du petit garçon ?

Ai-je le droit de l’appeler seulement ?

C’est bien beaux tous ces sentiments, sinon récents, du moins tardifs… C’est bien beau de dire « je t’aime », de signer mes lettres « ta sœur »… C’est bien beau, et il est bien tard.

Des excuses, des explications, des « je sais », il y en a la pelle. Pas besoin de chercher bien loin.

Et pourtant… Et pourtant, l’amour est là. Comme s’il avait juste été caché, comme si c’était encore cette histoire de langue qui n’avait que retardé le message, l’évidence.

C’est mon frère. Je suis sa sœur.

Fin de l’histoire.

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