Une ombre

Publicado el 17 marzo, 2010

 

17 mars 2010

 

Une ombre 

Et comment je fais maintenant?…Toute ma vie, j’ai vécu avec cette ombre sur moi, ses opinions, ses convictions profondes. Toute ma vie, j’ai cherché à me justifier à ses yeux, à lui prouver que je vaux quelque chose.

Toute ma vie, depuis que j’en ai mémoire et même avant, il a été là, sans y être

Toute ma vie, je l’ai cherché, j’ai essayé tous les jours de lui plaire. Ce que je faisais, c’était pour lui montrer que j’existe, que je suis quelqu’un de bien, que je suis plus que ce qu’il n’a jamais vu.

Ma peinture… ? Jusqu à il y a quelques années, un de mes  tableaux ne valait à mes yeux que s’il l’avait approuvé.

 

Mon corps… ? Je n’aime que mon dos parce qu’un jour il a dit qu’il était beau.

Même ma famille valait plus quand il avait une remarque admirative à faire.

Pourtant, un jour, j’ai eu le courage de rester chez moi alors qu’il me traitait de folle et me menaçait de la colère de Dieu… Comme si ce que je pourrais accomplir ensuite ne valait rien.

Toute ma vie, un seul de ses mots, un seul de ses gestes, son regard, ont suffit pour me remettre en question, me démolir.

A mes yeux, jamais je n’ai été à la hauteur pour lui.

 Une ombre sur moi toute ma vie.

 Et là, depuis quelques années, je peins enfin pour moi, j’écris pour moi… Son approbation ne fait plus loi.

J’ai même réussi à lui montrer ce que je fais… Mais cette fois-ci, je lui ai juste prêté mes mots et mes images, puisqu’il me rend tout ce que je lui donne… Il n’en veut pas… Il n’en a jamais voulu, il m’a toujours rendu mes cadeaux jusqu’au jour où j’ai cessé de lui en faire.

Et il ya quelques mois, j’ai pu parler avec lui, deux fois, vraiment parler… Il n’a pas tout compris mais pour la première fois, devant lui, je parlais pour moi, pas pour lui…

Et maintenant… Si tard… Cette présence va changer. Je ne le verrais plus, ou alors si peu. Il va mourir…

Et moi… Moi qui ai enfin appris à vivre sous cette ombre terrible, je ne sais pas … Je ne sais plus…

Je me demande ce qu’il y aura à la place… Un vide ?… Une ombre encore plus dense ? Ou de la lumière ?… Et je fais quoi ? Je ne sais pas vivre sous sa lumière.

J’ai réussi à te vaincre en t’ignorant… Et maintenant que je sais le faire, tu reviens et me démolis.

J’essaye de grandir malgré toi, sans toi… Et toi… Tu décides de partir, de me laisser tomber. Comme toujours, finalement…C’est moi qui ai changé, pas toi.

Je te hais pour ça.

Tu n’as pas le droit de partir maintenant que je sais comment te parler …

Tu n’as pas le droit.

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5 commentaires pour Une ombre

  1. Gwenn-Aelle dit :

    anaick dice:
    17 marzo, 2010 en 14:24
    Au moins tu aurras appris a lui parler de son vivant. Ton pére te laisse tomber en mourrant? comme toujours? tu n´as pas le droit a tes quarante et quelques, de penser qu´il n´as pas le droit…C est ton amour pour lui, et son amour pour toi, qui emmelle les sentiments…tu as encore le temps…

  2. Gwenn-Aelle dit :

    gwennaelle dice:
    17 marzo, 2010 en 14:25
    ana ana…laisse-moi ecrire ce que je veux…

  3. Gwenn-Aelle dit :

    gwennaelle dice:
    17 marzo, 2010 en 14:26
    et..peut-etre que toi et moi on n’a pas eu le meme pere..? ou peut etre que tu as lu trop vite. j’ai bien mis.. »a mes yeux »..je parle de moi, pas de lui..et a mes 45 ans..j’ai le droit de dire ce que je sens..justement.

  4. Gwenn-Aelle dit :

    gwennaelle dice:
    20 marzo, 2010 en 11:06
    La lumiere,Au bout de la route, il y a une lumiere qui brille de tous ses feux qui brille même dans le vent qui exprime sa force. Cette lumiere est un don du ciel qui nous eclaire qui reduit les kilometres en une poussiere. Cette lumiere brille pour nous, nous la voyons, nous y pensons elle nous transmet sa force et lui renvoyons la notre. Merci a toi notre lumiere. Grosses bises. Gerard et Catherine

  5. Gwenn-Aelle dit :

    20 marzo, 2010 en 11:06
    Gérard partage avec moi ton chagrin. Il est très sensible à ce que tu écris. Il a ressenti le besoin de te mettre ces quelques lignes poétiques car il sent en toi une grande douleur que tu analyses sereinement mais dont la blessure est sans cesse ravivée. Et en même temps une grande force qui a fait qu’un jour tu as pu tout de même dire non à une emprise paternelle trop étouffante. Mais ton papa sera toujours ton papa – et le vide de son absence sera phénoménale. On a beau quitter l’enfance, l’enfance ne nous quitte pas – si cela te fait plaisir, tu peux le mettre en effet sur ton blog.gerard et catherine

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