Ne me lisez pas…

Publicado el 5 mayo, 2010

Ne me lisez pas…

Ce texte, ne le lisez pas. Je ne devrais peut-être pas l’écrire.

Mais les mots me rongent et les images me hantent.

Il ne respire plus. Il ne bouge plus.

Et pourtant, je le vois enfermé dans cette boîte et j’étouffe pour lui. Et je l’imagine sous la terre, tout au fond de ce trou et j’ai peur pour lui.

J’étouffe parce qu’il ne respire plus. J’étouffe de le savoir sous terre.

Des images de viande verte, pourrie, tourbillonnent autour de moi. Combien de temps met-on à se décomposer ? Est-ce que ça dépend du cercueil, de la terre, du soleil ?… Il fait si chaud en ce moment… Est-il en train de suer dans son costume ou la terre le protège-t-elle, en même temps qu’elle l’écrase ?

Ce texte, ne le lisez pas. Je n’ai pas le droit de l’écrire.

Mais… Sans fermer les yeux, je le vois, tout le temps. Etrangement, je vois le cercueil incliné, la tête en bas, comme un bateau qui coule. Je le vois, lui, avec cette couleur étrange de la mort maquillée et ce sourire qu’il avait…

Et j’étouffe. L’air  me manque. Lui qui ne respirait plus n’a plus d’air, j’en suis sûre. La boîte se fend aussi sous le poids de la terre, des tessons et de ces os d’un autre qui était là avant lui.

Je le vois… Les yeux pleins de terre, la bouche ouverte… Il étouffe, et moi aussi.

Autour de moi, je le sens. Je le sais. Je l’ai vu.

Mais je le vois aussi  là-bas, dans ce trou. Et j’étouffe, j’étouffe.

Ce texte, vous n’auriez pas du le lire…. Mais moi, je me devais de l’écrire.

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2 commentaires pour Ne me lisez pas…

  1. Gwenn-Aelle dit :

    JEANMARC dice:
    6 mayo, 2010 en 2:38
    Dans le cercueil on dépose le corps, l’enveloppe et l’apparence, cette image et cette complexe mécanique que la nature nous donne pour trimballer nos méninges, nos rêves et nos pensées. Cet outil bien utile pour tant d’actions quotidiennes. Ce corps capable d’exprimer tant de choses différentes. Ce corps que l’on maudit ou auquel on s’attache. Ça dépend des moments. Mais je reste persuadé qu’avant que cette boîte ne se referme un souffle de vie « différent » prend l’apparence d’une onde, et demeure auprès des vivants. Elle passe nous voir de temps en temps. Mais pas tout le temps. Car elle a tant a faire !. Comme il est vaste le monde, affranchi de nos pauvres guiboles !!!! Pensons que cette onde voyage et que parfois on la ressent, dans un frisson, dans les plus jolies choses, qui sait, peut être dans un papillon blanc … mais cela tu le sais, oui, tu l’as vu …

  2. Gwenn-Aelle dit :

    gwennaelle dice:
    7 mayo, 2010 en 11:04
    il y a un precipice entre les choses que je sais et celles que je sens…

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