J’ai entendu dire…

Publicado el 29 marzo, 2008
J’ai entendu dire…
 
 
 
« Fort comme un chêne » 
« Fermement planté sur ses jambes »
Ouais…Que des menteries!
Ceux qui racontent ça n’ont aucune idée !
Les arbres ne sont pas plantés… Leur tronc n’a aucune force, leurs racines ne sont pas profondes juste par hasard ou par intégrité…
 Immobiles à jamais… enchaînés…
 Mais enfin… Vous ne voyez  pas qu’ils essayent de s’envoler ??
 
De ma fenêtre, on voit la tête d’un arbre aux mille verts différents, lumineuse et gracile… Pas de racines ici, pas de terre, pas de vers non plus… Ici, on respire la vérité de l’arbre… Sa tristesse infinie… Cette angoisse qui le ronge…
Un arbre enchaîné
Prisonnier de ses racines
 
On raconte quoi…?
Tu es fort, il paraît…? Allez, t’es même pas capable de fuir… T’es encore là… Jusqu’à la mort et même après… Le tronc vide et sec toujours dressé vers le ciel, sans jamais y parvenir…
 
De mon lit, je t’observe… et te comprends. Je te vois te hisser, user tes forces et ne jamais partir
 
Comme toi, on dit que je suis forte… sans voir que c’est un mensonge
Quand je ne pleure pas… Quand je ris… Quand je continue à vivre… à parler… à aimer même
 
Quand je lève mon regard vers toi… vers ta lumière… tes couleurs…
Enchaînée… Prisonnière de mon corps
Moi aussi, je ressens le poids des racines… Ah… J’ai l’air très forte…
Comme toi d’ailleurs…
Mais dedans… C’est comme ces hannetons qui se perdent de temps en temps dans la chambre et bourdonnant de désespoir, se cognent inlassablement contre les fenêtres…
Comme eux, comme toi, prisonnière
De mon corps… De la douleur… Du jamais plus… De l’hier
 
Tellement d’hiers
Celui que j’ai haï, dont je ne veux pas me souvenir y qui me tourmente
Celui qui m’a laissé regret et nostalgie
Celui des années jeunes où je pouvais marcher, courir et parler…
Sans douleur
.
C’était hier… Vrai de vrai… Juste hier… Je n’ai pas tellement vieilli !
.
Enfermée dans mon corps, comme cet insecte emprisonné… Je me brise en mille morceaux comme tes mille verts… Et j’ai beau hurler ma colère, mon désespoir… C’est le silence…
Comme toi, j’ai l’air vachement forte…
 
De mon lit… Je te regarde et me rappelle… C’était si facile de dire… : « Après »… « Demain »…
Je n’ai pas eu le temps de vivre
 
Je n’ai plus envie de vivre non plus
 
Quoique… J’ai vraiment l’air forte, pas vrai ?
J’ai quand même un avantage sur l’arbre de ma fenêtre… Quand enfin mon corps me libèrera, je pourrais flotter….Me promener… Vivre en lumière irisée…
Pas plombée.
 
Même. si… J’ai l’air forte, hein… ?
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