Coups de freins

Coups de freins

 

J’éteins la télé

La radio

Le portable

J’ai besoin de silence

De calme

On entend un pigeon, celui de toujours

Couroucou

Couroucou

Et le tic-tac de l’horloge

 

Et la voisine qui lave sa cour, folle d’énergie : tous les jours à six heures, quand elle se lève, à sept heures, quand elle part, à neuf heures quand elle revient et à dix heures quand elle se couche. Obsédée par sa brosse à crins solides, par son chlore, sa cour. Les weekends, c’est toutes les deux heures.

On entend le chien, chienchien d’un demi-kilo, son chien à elle. Il n’aboie pas, il pleurniche. Son aigu qui me transperce le crâne. Toute la journée, de sept heures le matin à neuf heures le soir, quand il est seul.

On entend les avions, toutes les vingt minutes depuis quatre heures le matin. Direction nord-ouest, sud.

On entend les camions, les bus, les voitures, le deuxième étage du périphérique nous offre, en prime, le Dolby cinéma direct chez nous, le bruit passe par-dessus les rues et les immeubles et nous envahit. Coups de freins et engueulades.

Le sifflet du flic, les coups de klaxon de l’école d’à côté, tous les jours de sept heures à sept heures et demie et de quatorze heures à quatorze heures trente. Coups de freins et engueulades.

Les cris de l’autre voisine, celles qui nous a envoyé nous faire foutre, plusieurs fois, putains d’étrangers… Celle-là n’a pas d’horaire, elle gueule quand elle entend la mouche qui ne peut pas rester dans la cour de l’autre voisine. Ou quand elle nous voit dans la rue.

On entend les alarmes du Service de parking d’à côté, des ambulances, des hélicoptères. Coups de freins et engueulades.

Le téléphone sonne, le fixe. Je ne réponds pas.

J’ai besoin de silence.

De m’éloigner de la schizophrénie extérieure.

De me concentrer sur mes voix pour les faire taire.

Un moment.

J’ai besoin de mer, la mienne, de crachin, le mien, et d’air salé, le mien.

De vent.

Couroucou, couroucou

Tic-tac, tic-tac

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Enfrenones

 

 

Enfrenones

 

Apago la tele

La radio

El celular

Necesito silencio

Calma

Se oye una paloma, la de todos los días.

Curucú

Curucú

Y el tic-tac del reloj

 

Y a la vecina lavando su patio, con furiosa energía: todos los días a la seis, cuando despierta, a las siete, cuando se va, a las nueve cuando regresa y a las diez cuando se acuesta. Obsesionada por su cepillo de cerdas duras, por su cloro, su patio. Los fines de semana es cada dos horas.

Se oye al perro, perrito faldero de medio kilo, de la misma vecina. No ladra, lloriquea. Sonido agudo que me traviesa la cabeza. Todo el día, de siete a nueve, cuando está solo.

Se oyen los aviones, cada veinte minutos desde las cuatro de la mañana. De noroeste a  sur.

Se oyen los camiones, los peseros, los coches, el segundo piso del periférico nos ha regalado el sonido Dolby directo a la casa, pasa el ruido por encima de calles y edificios y nos invade. Los enfrenones y las mentadas de madre.

El silbato del poli, los claxonazos de la escuela de al lado, diario de siete a siete y media por la mañana y de dos a tres por la tarde. Los enfrenones y las mentadas de madre.

Los gritos de la otra vecina, la que nos mandó a chingar a nuestra madre, varias veces, pinches extranjeros… Ésa no tiene horario, grita cuando vuela la mosca que no se pudo quedar en el patio de la otra vecina. O cuando nos ve en la calle.

Se oyen las alarmas de los coches del valet parking de al lado,  ambulancias,  helicópteros. Enfrenones y mentadas de madre.

Otro avión.

Suena el teléfono, el fijo. No contesto.

Necesito silencio.

Alejarme de la esquizofrenia exterior.

Concéntrame en mis voces para poderlas callar.

Un rato.

Necesito mar, el mío, y llovizna, la mía, y aire salado, el mío.

Viento.

Curucú, curucú

Tic-tac, tic-tac

 

 

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stertsrettetssssssstttt

Stress stress stress tres tres stre sterst stertsrettetssssssstttt

Cassée

J’entends comme une rengaine en moi

Je  ne sais pas vivre je ne sais pas vivre pas vivre je ne sais pas pas pas pas

Stress stress stress tres tres stre sterst stertsrettetssssssstttt

Cassée

Petits morceaux à recoller

Petits bouts de moi perdus dans la salle des pas pas pas pas pas perdus perdus perdus

Cassée

Je ne sais pas vivre

Stress stress stress tres tres stre sterst stertsrettetssssssstttt

Douleur intense profonde

Larmes salées séchées usées

Petites gouttes de rien qui tombent sur ma poitrine pleine

Pleine de sanglots de tristesse

Je ne sais pas vivre

J’ai mal appris je regardais ailleurs

Cassée

Toute cassée

Genre porcelaine effritée fritt fritt fritt poussière sur le sol soleil rayon qui fait pfft pfft pfft

Stress stress stress tres tres stre sterst stertsrettetssssssstttt

Pas grave

On s’en fout

Pas indispensable

Cassée cassée cassée

Je continue interminablement à tourner en rond sur mes larmes sur mon stress, putain de stress, sur mes larmes, souris fais gentilmignonsourire pleure pas pas en public continue on s’en fout toute cassée on s’en fout petit bout de rien sur petit bout de larme sur petit bout de sol

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étrestrtesssssss

Estrés estrés estrés stres etresé estr stres stérets étrestrtesssssss

Rota

Oigo algo como una cantilena por dentro

No sé vivir no sé vivir vivir no vivir no sé no sé no no no no

Estrés estrés estrés stres etresé estr stres stérets étrestrtesssssss

Rota

Pedacitos para encolar

No sé vivir

Estrés estrés estrés stres etresé estr stres stérets étrestrtesssssss

Dolor intenso profundo

Lágrimas saladas secas usadas

Pequeñas gotas de nada que caen sobre mi pecho tenso

Congestionado por  sollozos de tristeza

No sé vivir

Aprendí mal miraba a otro lado

Rota

Simplemente rota

Estilo porcelana cascada casc casc casc polvo sobre el piso sol rayo que parlotea cafft cafft cafft

Estrés estrés estrés stres etresé estr stres stérets étrestrtesssssss

No importa

Nos vale

Nada indispensable

Rota rota rota

 

 

Sigo interminablemente dándole la vuelta mis lágrimas mi estrés, puto estrés, mis lágrimas, sonríe saca tu lindasonrisaricasonrisa no llores nunca en público sigue nos vale simplemente rota nos vale cachito de nada sobre cachito de lágrima sobre cachito de piso

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Un petit bout d’Armor au Mexique

Ce texte a été écrit pour une revue, qui n’en a pas voulu. Comme il me plaît, il voit le jour ici, deux ans après

 

Un petit bout d’Armor   au Mexique

 

Par Gwenn-Aëlle Folange Téry

 

Novembre 1958. Maryvonne quitte son pays, son terroir. Elle veut vivre autrement, loin des brimades et moqueries familiales, loin des souvenirs terribles de son enfance, entre ses parents et la guerre, la vie ne lui a pas été facile. Elle part donc, loin, très loin, au Mexique.

Elle est Bretonne.

L’arrivée dans la ville de Mexico, comprendre soudain que les cartes postales mentent toujours un peu, qu’il n’y a en effet ni grands chapeaux sur moustaches, ni longues tresses sur tabliers brodés, l’éblouit.

« Elle ouvre grand les yeux, regarde les constructions colorées, les façades jaunes, roses, vertes, étonnée de tant de couleur. Innocemment elle compare, et les maisons en granit de sa Bretagne aimée lui semblent moins belles tout à coup. Elle ne voit ni la poussière, ni la pauvreté, elle en connaît de pires, elle n’a pas vécu cachée dans des grottes en Tunisie pendant la guerre pour rien. Ici au moins, tout le monde semble vivre de manière plus légère, personne ne guette le ciel, la peur au ventre. »*

Elle va, comme tous les Bretons qui s’exilent, s’adapter sans se perdre. Quand on lui demande d’où elle est, son accent la trahit, elle répond toujours : Bretagne. Pour elle, la France n’est qu’un endroit par lequel il faut passer pour se rendre chez soi. Quand elle cuisine, le beurre salé, préparé par elle toutes les semaines, est présent dans tous les plats. Quand elle rêve, la mer, car elle est du pays d’Armor, la mer la berce, l’envahit. Les embruns fouettent.

Ici, au Mexique, elle va se faire des amis, des Mexicains puis des pas-Mexicains, des Français de Paris puis de Barcelonnette, des Suédois, une Anglaise, et puis bien sûr des Bretons.

Marc. Il s’appelle Marc. Lui il a quitté son terroir, sa mer, ses grèves et le vent deux ans avant elle. Et il est parti, loin, très loin.

« Il avait dans les treize ans quand il a décidé de quitter l’Europe. Pas la France, l’Europe. Répondant à une convocation des allemands, il avait accompagné son père pour leur remettre toutes les armes de la maison, fusils de chasse, haches, poignards de pêche, tout. Son père, lui demandant de l’attendre sur un trottoir de Rennes, lui avait laissé des instructions bien précises, au cas où il ne reviendrait pas. Et alors l’enfant, si enfant il y avait encore, s’était juré de partir loin, de quitter cet endroit où lui vivait une guerre, où son père et ses oncles avaient fait la Grande Guerre, celle de 14 et où ses grands-parents avaient fait celle de 70. » *

Il est donc au Mexique. Et sa moustache n’est pas celle de Pancho Villa, c’est celle d’un Breton.

Ensemble, ils vont vivre le Mexique à fond. Sa cuisine, ses marchés, les agachados, l’archéologie, -ils en sauront plus que certains savants-, sa mer, si différente de la leur, sa langue, se perdant parfois un peu dans les mots, ses habitudes, su gente comme on dit, ses gens, leur manière de voir la vie, de convivir, mot qui n’a pas d’égal en français, qui parle d’abrazos, de musique, de rires et de larmes parfois.

Lui, il chante les corridos à pleine voix, avec un accent à faire rougir toutes les étrilles avant l’eau bouillante, il roule les R comme si sa vie en dépendait. Il chante aussi Perrine et sa huche, le lait baratté de la sœur qui est tombée dedans, avec, pareil, un accent qui étreint le cœur et les tripes.

Elle, elle a décidé de laisser sa famille où elle le mérite, d’en fonder une autre, une mieux. Puis de faire des études, personne ne peut le lui défendre maintenant. Elle est bientôt professeur de Français à l’Alliance Française de Polanco, et y restera pour toujours. Et en classe, elle décore les murs d’affiches représentant la lavande, les genêts, les dolmens et la mer. On finit par appeler sa classe « la salle Bretagne ».

 

Ensemble, ils ont des enfants, cinq. Ils portent tous des prénoms bretons : Gwenn-Aëlle, Armelle, Morgane, Anaïck et Marc’h. Écrits, hélas, en français, la loi de l’époque n’en permet pas l’écriture originale. Hélas, car c’est une manière de perdre ses racines, non ?

Mais, vous le savez, nous le vivons, les racines des Bretons sont éternelles. Que l’on soit de l’Armor ou de l’Argoat, que l’on parle Breton ou pas, qu’on y soit né ou pas, que l’on respire son air toutes les nuits, ou une fois tous les dix ans, la Bretagne vit en nous et nous vivons par elle.

 

Marc et Maryvonne vont nous élever, car je suis l’une de leurs cinq enfants, en conscience aigüe de notre bretonitude.

Être Breton, pour nous, pour moi, c’est être les enfants de papa et de maman. C’est avoir ici des meubles bretons, dessinés par papa. C’est avoir au cœur, une maison en Bretagne, à Saint-Briac. C’est sentir l’odeur de la mer, des herbes rudes, de la terre qui n’a la même couleur nulle part ailleurs. C’est, sans parler Breton, connaître quelques mots et les servir à toutes les sauces.

C’est pleurer avec l’Ankou quand le biniou sonne dans une église, même ici, si loin de là-bas. Surtout ici, si loin de là-bas.

C’est se faire traiter de barjot au Lycée quand on affirme haut une nationalité qui n’existe pas. C’est entendre un prof dire « On n’a pas idée de s’appeler Gwenn-Aëlle », prof pas breton bien sûr.

C’est aller à la pêche à pied avec nos enfants à nous. C’est leur faire goûter puis faire des galettes de blé noir. C’est rajouter du beurre, encore, je sais.

C’est la Paimpolaise qui nous entraîne dans sa chanson, comme les corridos entrainaient papa.

C’est organiser un Fest-Noz à l’Alliance Française de San Ángel et ne pas savoir danser.

Puis rire, puis pleurer.

C’est une manière d’être Breton que les Bretons aux bonnets rouges ne comprennent pas, c’est juste faire dans la poésie, vivre la lande au rythme des lavandières et tordre les draps dans le bon sens, c’est écouter Glenmor et les Tri Yann, c’est vivre une Bretagne qui n’existe plus pareil, puisque c’est celle que nos parents ont connue, puis racontée.

C’est se demander si être Breton de si loin, c’est pas juste jouer la comédie, se chercher une racine vraie de vraie. C’est se dire différent très haut pour pouvoir le croire tout bas.

C’est une décision qui se prend, qui se transmet aussi. Sans cela, nos enfants ne le seront pas, Bretons.

 

C’est une fierté profonde, un amour insensé pour un tout petit bout d’Armor.

 

*Extraits du livre Les jours heureux, de Gwenn-Aëlle Folange Téry, 2016

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Nan, t’es pas à ta place

Nan, t’es pas à ta place

 

Et voilà, je me suis encore fait avoir. Et bien.

 

Samedi, nous sommes allés à un déjeuner, pour l’anniversaire du mari de la fille d’une amie. Qui est aussi notre ami, et puis sa femme, puis bien sûr, sa belle-mère.

Moi je m’étais mentalement et émotionnellement préparée, because qu’à chaque fois que nous sommes en société ici, on nous regarde  de travers et avec une certaine méfiance.

Ici, c’est de notre côté de la ville.

Entre mes tatouages, les cheveux longs et petit anneau à l’oreille du maritout, et le crâne rasé et barbe kilométrique du géant, j’ai pensé que ça allait fait faire comme toujours, murmures et regards en dessous, les hommes se mesurant à mes hommes à moi, et les femmes quittant précipitamment les toilettes quand j’y entre.

Eh ben non.

Tous tatoués, ou presque. Chevelures à rallonge ou têtes rasées pour les hommes, barbe style celles que je vois tous les jours à la maison et tatouages paaaartout.

Pareil pour les femmes, des robes sympas, oui, mais ni trop serrées, ni à fleufleurs, tatouages apparents encore plus terribles que les miens.

T-shirts noirs, grosses ceintures en cuir et puis des bottes, plein.

 

J’étais heureuse.

 

Je me suis laissé respirer.

Et j’y ai cru, genre l’odeur de la liberté et de l’acceptation, juste comme ça, comme une grosse vache qu’on aurait marquée au fer rouge et qui aurait soif, et mal.

Parce que le lendemain, je suis sortie de chez moi, toute mignonne, les bras découverts, les jambes à l’air, ciel bleu et vent, démarche alerte, forte, grande, droite.

Et je suis tombée sur un ballon de foot.

En fait c’est lui qui m’est tombé dessus. Depuis la terrasse des voisins.

Je l’ai ramassé, because notre rue, puis l’autre et l’autre après sont drôlement pentues et les ballons qui s’y risquent ne reviennent jamais.

J’ai frappé, le portail noir a mis du temps à s’ouvrir.

J’ai entendu une voix à l’intérieur, un enfant : Non, c’est toi qui ouvre, c’est la dame qui est bizarre.

Et voilà.

 

J’ai reçu sur la gueule la liberté et le fer rouge de la vache à la con qui n’a rien vu, rien compris.

Il est évident que chez ces gamins, c’est ce qu’on dit de moi, de nous. On est bizarres.

Ce que nos chers voisins ignorent, c’est que, ici, quand on parle d’eux, on dit Les Narcos.

 

 

 

 

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No, no encajas

No, no encajas

 

Y bueno, que me vuelven a bajar a la tierra, así de un jalón.

El sábado, fuimos a una comida, cumpleaños del esposo de la hija de una amiga. Que también es nuestro amigo, y su esposa, y la suegra, obvio.

Yo iba mentalmente y emocionalmente preparada, porque siempre que estamos en una reunión social aquí se nos ve raro, con recelo.

Siendo aquí por estos rumbos de la ciudad.

Entre mis tatuajes, el cabello largo y arracada del mareado, y la cabeza rapada y barba kilométrica del gigante, pensé que iba a ser lo de siempre, cuchicheos y miradas por debajo, hombres midiéndose con los míos, y mujeres saliendo del baño precipitadamente al entrar yo.

Y pues que no.

Todos tatuados, casi. Cabelleras largas o cabezas rapadas en hombres, barbas estilo las que veo diario en casa, y tatuajes al por mayor.

Mujeres igual, ropa bonita sí, pero ni demasiado ceñida ni floreada, tatuajes aparentes más terroríficos que los míos.

Playeras negras, cinturones pesados y botas, muchas.

Fui feliz.

Me dejé respirar.

Y se me subieron los humos, los de libertad y aceptación, así, a lo wey marcado con hierro rojo.

Porque al otro día, casi, salí a la calle, bien mona yo con los brazos descubiertos, piernas recibiendo aliento fresco de cielo, pisada alerta, fuerte, grande, derecha.

Y me topé con un balón de futbol.

Bueno me cayó encimita. De la terraza de unos vecinos.

Lo agarré, que nuestra calle y la siguiente y la otra tienen una pendiente muy pronunciada, y balón que  cae, se lo lleva la corriente.

Toqué, el portón negro tardó en abrirse.

Oí una voz por dentro, de niño: No, abre tú, es la señora rara.

 

Y ya.

 

Los humos y la libertad me aplastaron, onda wey de arribita, el que ni vio ni entendió.

 Es obvio que en casa de esos chiquillos, eso se dice de mí, de nosotros.

Lo que no saben nuestros queridos vecinos es que aquí en casa, les decimos Los Narcos.

 

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Zapatitos nuevos

Zapatitos nuevos

 

Tengo unos zapatos nuevos.

Nuevos de poner, que en mi closet llevan más de dos años.

Son de los que usas en una ocasión especial.

Y que no usas cuando llega lo especial porque están nuevos y te van a lastimar.

Total que ayer me los puse.

Me decidió aquello de que la vida se detiene en cualquier pinche momento y que los zapatos se van a quedar sin estrenar si pasa algo.

Y todo bien.

Son negros, de como encajito y un algo encima.

Sí me dolió tantito el pulgar del pie derecho.

Pero nada más.

Y claro.

Pasó algo.

 

Bajando una mísera banquetita, mi compadre del alma me quiso ayudar, y me tomó firmemente del brazo. El que me acaban de operar y que sigue en el sufrimiento sufrido doloroso.

Y grité.

Y lo regañé.

Pobre compadre, le dije de todo.

Y ya.

Pasó.

Pero a la media hora tuve ganas de vomitar. Por ese dolor, y por el otro, el de la vida cabrona.

Y claro, íbamos en un coche, encerrados, sobre Reforma, de noche.

El mareado encontró donde detenerse, ubicamos unos basureros, porque no se vale vomitar en el piso si no vas a limpiar tú.

Y que se baja el compadre del coche a ayudarme.

Y que digo no. ¿Cómo? Pa’ vomitar le mareado o nadie.

Y vomité, tantito. No quieren saber más detalles.

Nada más que cuando vomito, me hago pipí. Siempre. Por aquello de mi incontinencia urinaria, que es más fuerte que mi incontinencia  verbal.

El chorrito bajó por mi muslo, mi rodilla, la interna, mi pantorrilla, bien musculosa ella, mi tobillo y se alojó…  en mi zapato nuevo, de dos años, el de encaje y de algo encima.

Pues ya.

Estrenón para los pinches putos zapatos nuevos.

 

Ya en casa, me bañe y lloré. Por la vida. Que cómo chinga.

 

Pinche vida de veras, pinche vida…

 

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Chaussures toutes neuves

Chaussures toutes neuves

 

J’ai des chaussures neuves.

Neuves parce que pas mises, ça fait bien deux ans qu’elles sont dans mon placard.

C’est pour les z’occasions spéciales.

Et puis celles que tu ne mets pas quand l’occasion spéciale arrive because elles sont neuves et vont te faire mal.

Et alors hier je les ai mises.

Poussée par cette histoire que nous vivons sans cesse et qui raconte que la vie s’arrête n’importe quand, cette enfoirée, et que donc les chaussures ne seront jamais étrennées s’y s’passe quelque chose.

Y voilà quoi.

Elles sont noires, avec un peu de fausse dentelle  et un machin dessus.

Oui, j’ai eu un peu mal au pouce du pied gauche.

Mais sans plus.

Et bien sûr.

Il s’est passé quelque chose.

Juste pour descendre d’un petit trottoir de rien du tout, mon compadre chéri a voulu m’aider, et il m’a prise par le bras. Celui qu’on vient d’opérer et qui vit dans la souffrance souffrante qui fait si mal.

Et j’ai gueulé.

Je l’ai grondé.

Pauvre compadre, je lui en ai balancé des vertes puis de pas mûres.

Et voilà.

Rien de plus.

Mais une demi-heure plus tard, j’ai eu envie de vomir. Because cette douleur, et puis l’autre, celle de la salope de vie.

Y nous étions, of course, dans une voiture, enfermés, sur Reforma, nos Champs Elysées s’à nous, la nuit.

Le maritout a trouvé où s’arrêter, on a repéré des poubelles, because j’estime que c’est pas correct de vomir par terre si c’est à un autre de nettoyer.

Et voilà que c’est le compadre qui sort de la voiture pour m’aider.

Là, j’ai dit non. Ça va pas ? Pour vomir, c’est le maritout qui trinque ou personne.

Et j’ai vomi,un peu. Pas besoin d’expliquer.

C’est juste que quand je vomis moi, je fais pipi. Toujours. Une histoire d’incontinence urinaire bien plus forte que mon incontinence verbale.

Le ruisselet a parcouru ma cuisse, mon genou, en dedans, mon mollet, tous les muscles quoi, ma cheville et s’est logé… dans ma chaussure neuve, deux ans qu’elle a, celle avec la dentelle et le machin dessus.

Et voilà.

Étrennées les putain de connes de chaussures.

 

À la maison, je me suis douchée et j’ai pleuré. Sur la vie. Qui m’emmerde.

 

Foutue vie tout de même, foutue vie…

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Lui et moi

Lui et moi

 

Mes mains me sont devenues étrangères.

Elles dansent ou pleurent sans moi.

Chacune aide l’autre à sa manière.

Je les regarde, c’est tout.

Elles copient mon dos, mes jambes, mes yeux et prennent des décisions sans moi.

Ou c’est moi qui les comprends mieux.

 

Mon corps et moi sommes deux êtres tout à fait distincts, nous vivons chacun dans un univers différent.

Je pensais, naïvement, crânement aussi, que les greffes d’os d’il y a un an allaient m’obliger à une certaine réconciliation, j’avais alors parlé de responsabilité envers les donateurs.

Oui, je le soigne mieux. C’est un fait.

Mais nous ne nous aimons pas. Pas beaucoup quoi.

Ou nous ne voulons pas trop nous aimer, à force de défaillances de l’un ou de l’autre.

Je me sens comme j’imagine que se sentent les astronautes, engoncés dans leur costume.

Ou comme une mouche dans un bocal.

Je me cogne aux murs de mon corps.

 

Personne n’est fâché, ni lui ni moi.

Nous ne faisons plus attention, nous ne réagissons plus.

Parce que trop c’est trop.

Je l’emmerde à longueur de journée avec mes obsessions et mes envies de légèreté, d’évasion.

Il me fait chier à longueur de journée, avec ses douleurs, ses grosseurs, ses humeurs et ses poils.

Je ne sais pas comment le faisait sentir son enfance, mais moi je le haïssais déjà.

Condamnés à vivre ensemble, je choisis de ne plus m’énerver.

Il choisira peut-être de ne plus sentir…

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